Origine et histoire de l'Hôtel Fonduty de Malijac
L’hôtel Tonduti de Malijac, aussi appelé hôtel de Tonduti de Saint-Légier ou de l'Escarène, est un hôtel particulier situé à Avignon, dans le département de Vaucluse. Acquis en 1641 par Pierre-François Tonduti (1583-1669), jurisconsulte, astronome et docteur en droit de l’Université d’Avignon, il fut reconstruit sur un immeuble primitif appartenant auparavant à Pompée Catalina, colonel de l’infanterie papale. Pierre-François Tonduti, proche de savants comme Peiresc et Gassendi, fit décorer le grand salon par Nicolas Mignard entre 1658 et 1659 avec un cycle de peintures sur la Vie d’Apollon, aujourd’hui en partie perdu ou dispersé.
L’hôtel resta dans la famille Tonduti jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, avant d’être loué ou occupé par des cercles politiques et commerciaux au XIXe siècle. En 1881, le général Maccarani, héritier des Tonduti, le vendit au docteur Achille Isnard. Ce dernier revendit en 1881 les 20 tableaux du salon — dont neuf du cycle d’Apollon, endommagés en 1977 — à Jean-Baptiste Mignon, qui les installa dans son château de Valmate (Haute-Vienne). Certaines toiles furent ultérieurement acquises par le musée Calvet d’Avignon.
Classé partiellement aux monuments historiques en 1983, l’hôtel conserve ses façades, toitures et un escalier intérieur à rampe en fer forgé. Son histoire reflète les liens entre élites intellectuelles provençales, mécénat artistique et transformations urbaines d’Avignon, des XVIIe et XIXe siècles.
Pierre-François Tonduti, figure centrale de l’hôtel, fut aussi primicier de l’Université d’Avignon (1642, 1662), auditeur général de la Légation (1658), et chevalier de Saint-Michel (1666). Ses travaux en astronomie, comme la mesure de la latitude d’Avignon en 1634, et ses échanges avec des savants comme Athanasius Kircher, soulignent le rôle de l’hôtel comme lieu de savoir et de pouvoir sous l’Ancien Régime.
Au XIXe siècle, l’hôtel connut des usages variés : cercle royaliste sous le Premier Empire, cercle du Commerce entre 1830 et 1862, puis division en logements. Ces transformations illustrent l’adaptation des hôtels particuliers avignonnais aux mutations sociales et économiques, tout en marquant le déclin de leur vocation aristocratique originale.